UN PERMIS PAS SI FACILE
1 600 000 candidats au départ ; 58 % de réussite à l’arrivée. 43 500 candidats à Paris, et seulement 52 % de réussite.
De quoi parle-t-on ? Du permis de conduire, bien sûr.
Il semblerait qu’il soit de plus en plus difficile à obtenir.
Mais qu’est-ce que le permis, au fond ?
- Un bout de papier ?
- Une demi-heure sous tension avec une inspectrice ?
- Un tour d’agglomération dans un bled que l’on ne connaît pas ?
Peut-être bien tout cela à la fois.
Mais où sont passés ces mots doux qui faisaient briller nos yeux ?
- Étape importante.
- Inoubliable moniteur.
- Et le plus beau de tous : la liberté.
Aujourd’hui, j’ai l’impression que passer le permis est devenu un vrai cauchemar. Comme un scooter qui grille un feu rouge. Ou cette vieille dame ( la plus âgée de la commune ) qui traverse sans prévenir, son caddie plein à ras bord, entre deux camions garés.
- Alors qu’est-ce qui rend le permis si difficile ?
- Pourquoi ne veut-on plus s’investir dans la formation ?
- Quel prix sommes-nous prêts à payer ?
L’apprenti, cet acteur central.
À la première question, je commencerais par redéfinir l’apprenti.
Un apprenti, c’est l’acteur principal du permis. Sans lui, rien ne se passe.
C’est quelqu’un qui arrive comme une feuille libre,
Il est disponible, sans certitude. Quelqu’un venu essayer des gestes qu’il a vu autour de lui, ou à la télé. Quelqu’un qui interroge son coach pour trier les infos, et comprendre, et trouver ses propres solutions aux situations de conduite.
Mais soyons honnêtes : tout cela est faux, et vous le savez bien.
L’apprenti arrive en formation chargé de certitudes, souvent installées depuis des années.
La vraie première question à se poser, c’est : est-ce que j’aime conduire ?
Parce que cette question change tout. Elle ne fait pas seulement de nous un bon candidat, mais surtout une bonne conductrice, un bon conducteur.
Celles et ceux qui aiment la conduite sont motivées.
Celles et ceux qui ne l’aiment pas sont souvent appliqués.
Mais dans tous les cas, il ne faut pas perdre l’objectif de vue.
Changer de regard
La première vraie difficulté, c’est de se détacher de ses croyances. La formation commence ici.
Prendre cette formation comme un moment de pause, un souffle dans le trafic parisien.
Apprendre à regarder autrement la route, à trouver une fluidité, un langage entre :
les piétons et les cyclistes, souvent sans code,et les motos ou les voitures, qui ne le respectent plus.
Le permis, c’est une discipline nouvelle.
Les inspecteurs et inspectrices sont tous différents.
Les parcours aussi, même s’ils étaient balisés, ils changeraient selon l’heure, selon la circulation, ou l’humeur du moment.
Et le stress alors.
Il n’a rien à voir avec celui de monter sur scène ou de sauter d’un rocher dans une rivière.
Le permis, c’est l’art de l’adaptation.
Et en plus, il faut presque prendre soin de l’inspectrice...
L’investissement : temps, énergie, argent
Pourquoi a-t-on tant de mal à s’investir ?
Parce qu’on se sent souvent spectateur.
Mais l’investissement, c’est ça l’apprentissage.
C’est accepter d’oublier quand c’est difficile.
C’est reconnaître les regards souvent intolérants des autres usagers.
Et parfois, le seul soutien vient… d’un autre apprenti comme nous.
On oublie vite cette période
les remarques constantes (même si elles sont là pour aider),
les répétitions nécessaires pour maîtriser un geste,
les échecs répétés, qui finissent par nous faire comprendre que la voiture prolonge nos actions dans le temps.
On oublie aussi ce temps passé à l’arrêt, en école de conduite,pour mieux s'approprier une explication. Ou ce temps à l'arrêt passé derrière le camion benne. Ou encore une pause sandwichs ou un café-clope offerts par la monitrice,ou juste pour souffler et repartir.
Apprendre à conduire au milieu des autres, c’est difficile.
Et il n’existe pas de permis "économique".
Et le prix, alors ?
Il faut mettre de côté pour passer le permis.
Je me suis amusé à revenir 25 ans en arrière, quand j’ai passé mon premier permis, catégorie voiture.
En 1999 le permis coûtait environ 2 000 francs.
Le salaire médian tournait autour de 10 000 francs.
→ Soit moins d’une semaine de salaire.
Aujourd’hui? Le salaire médian est autour de 2 200 €,
Et le permis coûte en moyenne 1 800 €.
→ Soit quatre semaines de salaire.
Alors, sommes-nous toujours prêts à payer autant? En temps, en énergie, en argent, pour garder l'objectif de vue et accéder à la liberté ?
J’ai parfois le sentiment que le permis ne mérite plus ce prix-là. Mais ce serait intéressant de vraiment comparer les chiffres d’hier et d’aujourd’hui, pour voir si le permis vaut toujours son poids de liberté.
En attendant...
En attendant que le permis devienne plus abordable, voir donner , comme le propose certains confrères ; à L’ÉCOLE DU VOLANT, nous vous préparons à mieux l’aborder, dès lors que vous vous sentez prêt.